Ca y est j’ai terminé le livre de Valérie Trierweiler.
Bon je ne l’ai pas acheté, j’ai fait comme tout le monde, je l’ai reçu par mail, comme un truc top secret qu’on se passe sous le manteau. Tout le monde veut le lire, mais personne ne veut dépenser de l’argent pour ça. Je fais partie de ces personnes.
Alors donc, quoi. Bon, je devrais bien l’aimer cette Valérie, elle a tout ce que j’aime chez les héroïnes modernes, elle est belle, rebelle et plutôt directe. Elle est issue de rien, et elle a atteint le haut des marches de l’Elysée. Malgré tout, non, je n’arrive pas à la trouver sympathique.
Je n’aime pas plus Julie et Ségolène, non. Je n’ai pas de parti pris, juste je la trouve antipathique, et un peu hautaine. Je n’arrive pas à croire ce qu’elle écrit, je n’arrive pas à la trouver sincère.
Quant au livre, que dire… Ca n’est pas du Kafka, c’est pas bien compliqué on arrive à le lire sans peine, c’est écrit facilement, et ça se dévore comme un roman Arlequin à lire sur la plage l’été… Nous avons donc la pauvre Valérie, qui pleure, qui tente de se suicider, Valérie l’amoureuse, la passionnée, Valérie qui aime les pauvres et les associations caritatives et qui les énumère comme des expériences sur un CV. Tout ça avec pas mal d’allers-retours passé présent, ça donne un peu mal au crane, mais bon, passons.
Pour vous faire une idée, voici quelques extraits choisis.
Catégorie Valérie sans-le-sou
Pas une fois dans ma vie, je n’ai demandé d’argent à quiconque. Qui plus est à un homme. Je n’ai pas oublié cette scène où ma mère s’est rendu compte dans un supermarché qu’elle avait perdu son porte-monnaie. Je revois sa panique, elle se demandait comment elle nous nourrirait les jours suivants.
J’ignore quel âge je pouvais avoir à l’époque, mais son expression malheureuse est restée gravée dans ma mémoire.
Mon père était inconscient. Il a pu être sauvé, mais pas sa jambe.
Il a sans doute laissé également dans ce fossé sa joie de vivre. Le jour où j’ai lu cet article, juste une brève, j’ai réalisé quel avait été le drame de mon père. Et j’ai pleuré toute seule, en pensant à ce qu’il avait subi.
L’un de mes pires souvenirs est d’avoir dû me chausser des « godillots » de mon frère pour aller à l’école primaire. Mes chaussures avaient dû lâcher ce jour-là, ma mère n’avait pas trouvé d’autre solution. Je refusai de partir à l’école ainsi.
Je n’ai pas eu le choix, j’ai fait le chemin en pleurant. Et je suis restée le temps de la récréation assise dans un coin, sans bouger, le cartable sur les pieds.
Catégorie Valérie mélodramatique
Cette fois, il veut marquer la fin. Ma nuit est agitée de cauchemars et d’hallucinations, sous l’effet des médicaments. Je me réveille en sursaut, convaincue que quelqu’un est dans la pièce. Je pense à François ouvrant ses bras à une autre femme. Qui a fait le premier pas ? Que lui a-t-il dit de nous ? Que cherchait-il chez elle que je ne peux pas lui donner ? Les images me blessent, je les repousse, mais elles remontent, encore et encore. Elles m’étouffent et je m’étrangle dans mes
sanglots.
Il est à peine plus de 20 heures, je suis sous ma couette sans la moindre envie de dîner. Mon ordinateur sur les genoux, je regarde ce film tragique. Je me coupe du monde et je ne sais plus pourquoi je pleure, le film ou ma vie.
Il est devenu trop dur, tellement différent, indifférent, et j’ai le sentiment qu’il ne m’aime plus.
Il essaie de m’entraîner pour aller vomir. Je tombe inanimée sur le canapé. Je ne sens plus mon corps, je ne parviens pas à parler mais j’entends, comateuse.
Mon geste est un appel au secours. Sauf que je ne perçois rien d’autre que son silence. Il ne m’adresse pas une parole, ne prononce même pas mon prénom. Il m’allonge les jambes, touche mon front et part. Je reste seule. Pas un médecin ne viendra me voir. . . Personne.
Je ne me souviens de rien, écrasée par les somnifères. Je me réveille le lendemain vers midi.
Tous ces sacrifices pour être jetée comme un mouchoir usagé, en l’espace d’un instant et de dix-huit mots.
Je suis au volant de ma voiture, à vive allure sur l’autoroute pour rentrer chez moi, et je ne vois plus rien tellement je pleure. Ces larmes sont incompréhensibles.
Sont-elles celles de la journaliste qui vient de se faire « piquer son sujet » ou celles d’une femme qui se sent trahie ? Déjà, la trahison. . . Je suis toujours en larmes en arrivant chez moi. Lui a demandé à visiter tout le journal, cantine comprise, espérant m’y trouver.
Mais François s’agace et me rembarre violemment.
Je ne comprends pas sa réaction. Cette minute qui aurait dû être un instant de bonheur vient d’être gâchée. Je vais m’enfermer dans la salle de bains attenante.
Pour moi aussi, la tension a été très forte et se relâche. Je ne me sens plus capable d’aller place de la Cathédrale. Je m’effondre, assise par terre, sur le carrelage.
Je m’effondre en larmes, d’émotion et d’immense frustration mêlées. Je regrette tellement de ne pas être à ses côtés. J’attends son appel avec une fébrilité de jeune fille. Il viendra mais sera tellement bref, François s’apprête à monter dans la voiture avec un journaliste pour rentrer à Paris.
Valérie qui conclut
J’ai envie de vivre, d’écrire d’autres pages de cet étrange livre, de ce singulier voyage qu’est une vie de femme. Ce sera sans toi. Je n’ai été ni épousée, ni protégée. Puis-je seulement avoir été aimée autant que j’ai aimé.
Paris, le 31 juillet 2014